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27 octobre 2005

le théâtre...

Faire prendre conscience aux Dalits de la discrimination dont ils sont victimes est un travail de longue haleine, car il s’agit de changer des mentalités en profondeur.

Les cultures et traditions indiennes sont très riches mais le cinéma et la télévision prennent de plus en plus de place dans la vie quotidienne des Indiens. Or, télévision et cinéma ne reflètent pas la réalité et servent plutôt à s’en échapper. Il existe d’autres formes d’expression culturelle en Inde. Le théâtre populaire par exemple est un théâtre de tradition orale, joué dans les villages et dans les rues.

Des associations ont recours au théâtre de rue comme une forme d’éducation populaire. Le théâtre est vivant et visuel, plus facile à comprendre qu’un discours pour des gens illettrés et pauvres, attachés à leur tradition culturelle et à leur langue.

Lors d’une fête de village, la pièce de théâtre est l’occasion de réunir tout le monde. Elle est jouée en plein air et nécessite peu de moyens. Les costumes et le matériel utilisés sont simples et symboliques, pour mieux marquer les esprits. Les pièces mettent en scène des situations de la vie quotidienne auxquelles le public peut s’identifier : problèmes de la dot, de violences, d’alcoolisme, conditions des travailleurs agricoles, sécheresse, situation des femmes, travail des enfants... Les acteurs utilisent souvent l’humour, les danses et les chants pour retenir l’attention des spectateurs. Ils leur apprennent à porter un jugement sur ce qu’ils n’ont pas l’habitude de critiquer, car cela fait partie des traditions et des croyances religieuses. Le théâtre est donc un outil de conscientisation.

Outre son rôle éducatif, le théâtre est aussi utile à l’explication, la justification de certaines actions ; Par exemple, pour les jeunes impliquées dans la vie associative, un spectacle est un moyen simple, clair et plaisant d’expliquer leurs objectifs à leur familles qui ne comprennent pas la nécessité de leur engagement .

Les conditions des femmes Dalits

Aujourd’hui l’Inde est la 7ème puissance économique mondiale, pourtant, la moitié de la population se situe en dessous du seuil de pauvreté. Les populations les plus pauvres habitent dans les campagnes (près de 70 %), ces populations sont des populations sans terre qui sont employées temporairement par des grands propriétaires. Le peu d’argent que gagne cette population leur permet à peine de survivre, et les plonge en grande difficulté en cas d’imprévus (mousson, tsunami, maladie ou décès d’un membre de la famille).

Les femmes Dalits sont très défavorisées. En effet, elles doivent réaliser les tâches ménagères et s’occuper des enfants, mais elles doivent aussi avoir un emploi car le salaire du mari ne permet pas de subvenir à tous les besoins d’une famille.

Ces femmes travaillent 10 à 12 heures par jour autant que les hommes mais pour des salaires inférieurs, et accomplissent des tâches souvent très dures : Ouvrières dans les rizicultures, où elles doivent tout le temps être penchées ; ouvrière dans des corderies où elles passent leur journée à frapper la fibre de coco pour ensuite la tisser...), ouvrières sur les chantiers de construction où elles doivent porter des charges très lourdes. Elles changent d’activité en fonction des besoins et des saisons.

Un grand nombre d’hommes dalits sont alcooliques. Une importante partie du salaire du foyer est dépensée dans l’achat d’alcool. Et comme les hommes sont souvent ivres, on observe que les femmes subissent des violences conjugales.

Les jeunes filles Dalits se marient généralement entre 18 et 25 ans avec un époux choisi par leur famille. La famille de la fille s’endette parfois à vie pour pouvoir constituer la dot. Dès que le mariage a eu lieu, les épouses vont vivre chez leur belle famille, à laquelle elles doivent toujours rester soumises.

La femme Dalit est donc défavorisée et c’est pour cela que INDP a installé un système pour ces femmes, le micro crédit

"nous ne nous inclinerons pas"

Chanson de Supparayar :

« Nous ne nous inclinerons pas

Nous ne vivrons pas dans la peur

Nous dirons simplement que :

Nous ne nous inclinerons pas.

La vie sur l’oppression est un esclavage.

Attaquer l’oppression, voilà la nature des Dalits. »

Souvent analphabètes, dépendants sur le plan économique, mal informés sur les lois en vigueur, menacés de représailles par les autres castes, les opprimés, comme les Dalits, sont mal armés pour défendre leurs droits et faire évoluer les mentalités.

Ambedkar avait pour mot d’ordre : « Eduquer, Mobiliser, Organiser. ». « Dites à l’esclave qu’il est esclave, et il se révoltera contre cet esclavage. » La mobilisation découlera naturellement de l’éducation.

Alors, comment leur faire prendre conscience qu’ils sont opprimés et que leurs droits ne sont pas respectés ? En somme, comment leur montrer qu’ils ne devraient pas accepter leurs difficultés quotidiennes sans rien dire ? Les victimes ne connaissent pas l’origine du système de castes. Ceux qui souffrent veulent comprendre pour expliquer, pour se protéger, et surtout pour empêcher de nouvelles violences.

Aujourd’hui les dalits ont l’espoir de ne plus être asservis par ce système de caste dans un avenir proche. La pérennité des ségrégations inter-castes est principalement due à l’endogamie (mariage avec une personne de même caste). Mais les jeunes dalits n’ont pas l’intention de se marier systématiquement avec d’autres dalits. En tout cas, si eux ne peuvent pas à cause de leurs parents, leurs enfants pourront ! Ceci annonce peut-être une disparition rapide du système de castes, même si cela prend plusieurs générations. Ainsi les Dalits aspirent à l’amélioration de leurs conditions de vie tout en conservant leur identité et leur culture.

Les Dalits victimes de discrimination

Il existe un seul espoir de progresser dans la hiérarchie de la pureté, donc dans la hiérarchie sociale : pour cela, il faut accepter son dharma, c’est-à-dire son rôle assigné dans la société ; on peut alors espérer accéder à une meilleure place après sa mort, lors de la réincarnation. Mais si on accepte pas son sort, on court le risque de régresser dans la hiérarchie de la pureté, devenant fleur, lézard, voir même caillou. Cette croyance inhibe toute volonté de rébellion.

Main-d’œuvre agricole dans les campagnes, balayeurs ou tanneurs, les Dalits doivent accepter les tâches les plus dégradantes du point de vue de la société indienne.

En effet nous avons pu observer les besognes qu’accomplissent chaque jour les dalits dans les marais sallants ou dans les rizières, et ce pour un salaire dérisoire !

Les dalits vivent dans des lieux réservés, ne peuvent partager les mêmes verres avec les hautes castes, ne peuvent entrer dans les temples, ne peuvent enterrer leurs morts dans les terres communales, ne peuvent utiliser l’eau du puits des gens de castes, ils doivent enlever leur chaussure en pénétrant dans l’Ur ou le village principal... Il fut difficile de reconnaître spontanément ces discriminations. S’ils ne respectent pas ces règles, ils risquent non seulement l’exclusion, mais aussi des sanctions graves : attaques physiques, maisons brûlées, voire assassinats.

La majeure partie des jeunes que nous avons rencontrés ont dû arrêter leurs études à un niveau équivalent à celui de seconde. Par conséquent ils se voyaient dans l’obligation de travailler pour aider leur famille. Ainsi malgré le système de discrimination positive mis en place par le gouvernement, les inégalités d’accès à l’éducation augmentent, car en parallèle le système scolaire privé se développe. Au sein des classes les dalits sont là encore victimes de discriminations, car ils sont mis à l’écart des autres élèves et les maîtres leur prête une attention moindre.

chaque caste occupe une place particulière dans la société

Selon la Constitution, les citoyens indiens, sans aucune distinction, sont égaux devant la loi et la Constitution. Tout citoyen de plus de 18 ans, homme ou femme, a le droit de vote. Mais le système de castes indien divise la société de manière hiérarchique. Né vers 1500 av. J.C., il est encore un pilier de la société indienne d’aujourd’hui.

Ajout des pourcentages +information :

• Brahamanes :détenteurs du savoir et du pouvoir religieux

• Kshastriyas :guerrier chargé de la défense du peuple

• Vaishya :commerçants et administrateurs

• Shudra : au service des castes supérieures

• Intouchables :(conserver la légende)

- Ce système justifié par l’hindouisme comprend quatre castes principales, elles-mêmes subdivisées en nombreuses sous-castes. Pour maintenir la communication avec les dieux, il faut qu’une partie de la population soit en état de pureté et dispensée des tâches impures : ce sont les Brahmanes. Une autre partie de la population doit donc s’occuper des tâches impures : ce sont les Dalits (les intouchables). Pour éviter tout contact entre les deux castes extrêmes, les Brahmanes doivent être assistés par des castes intermédiaires.

- Les villages sont divisés en deux. Du côté appelé Ceri vit les dalits. L’autre côté s’appelle l’Ur. Il s’agit du village principal où réside le reste de la population.

- Cette ségrégation complique le quotidien des dalits. Ils doivent généralement se rendre dans l’Ur pour accèder à l’eau et pour aller à l’école. Même en présence de circonstances extraordinaires comme lors du tsunami, les hautes castes ont veillé à ce que le système soit respecté, évitant tout contact les dalits, refusant leur soutien et allant même à leur interdire un abri pour survivre alors que la vague submergeait les villages.

- Pour échapper à l’oppression nombreux sont ceux qui se sont convertis à d’autres religions comme le catholicisme mais force est de constater que le système de caste perdure au sein de celles-ci. Plus qu’un précepte religieux, le système des castes est ancré dans la société indienne.

Carte d’identité de l’Inde

Régime : Démocratie parlementaire Capitale : New Delhi

Date d’indépendance : 25.08.1947 (auparavant colonie anglaise)

Superficie (km2) : 3.287.590 (environ 6 fois la France)

Chef de l’Etat : Avul Pakir Jainulabdeen Abdul Kalam (depuis juillet 2002)

Monnaie : roupie (100 roupies = 2,25 euros)

Devise nationale : « seule la vérité triomphe »

Langues officielles : anglais, hindi ainsi que 21 autres langues

Religions (en %) : hindoux (82), musulmans (12), chrétiens (2.3), sikhs (2), bouddhistes (0.8)

Population : 1.065.070.607 (chiffre de 2003)

Densité (hab./km2) : 324

Croissance démographie annuelle (en %) : 1,9 (chiffre de 1998)

Population urbaine (en %) : 28

Taux d’alphabétisation (en %):70.2 pour les hommes et 48.3 pour les femmes (chiffres de 2003)

PIB (PPA) (en dollars par habitant) : 3100

Taux de croissance économique annuel (en %) : 6,4 (chiffre de 1999)

Dette extérieure (en milliards de dollars) : 117.2 (chiffre de 2004)

La plus grande démocratie du monde

L’Inde a acquis son indépendance en 1947, après un siècle et demi de domination britannique. On parle aujourd’hui de l’Inde comme de « la plus grande démocratie du monde » car c’est le plus peuplé des pays démocratiques. La Constitution indienne, qui est entrée en vigueur le 26 janvier 1950, définit :
- les droits fondamentaux de tout individu, au nom des principes de Justice, d’Egalité et de Liberté.
- l’Inde comme un Etat laïque, qui respecte également toutes les cultures, les langues et les religions.

L’article 17 de la constitution affirme que « l’intouchabilité est abolie et sa pratique, sous quelle que forme que ce soit, interdite ». D’autres articles établissent que toute discrimination au motif de la religion, de la caste, de la race et du sexe est condamnée et que toute victime d’une telle discrimination bénéficie d’une protection constitutionnelle.

L’Inde est un Etat semi-fédéral. L’Etat central est responsable du maintien de l’ordre, de la défense et de l’armée, de l’énergie atomique, des affaires étrangères, de la monnaie et des grandes orientations économiques. Les 35 états et territoires indiens sont quant à eux chargés de la fiscalité locale, de la législation agraire, de l’éducation, de la police, de la santé et de l’économie.

Le gouvernement est partagé en trois branches, qui se répartissent les fonctions : le pouvoir judiciaire, le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Le Premier ministre, chef du gouvernement, partage le pouvoir exécutif avec le Président.

Explication de la démarche de l’échange

26 décembre 2004. Le Tsunami ravage les côtes de l’océan indien. S’en suit dans les pays occidentaux, un élan de solidarité. Dans ce contexte de mobilisation, le Conseil Régional de Poitou-Charentes a instauré un partenariat avec l’INDP (Intercultural Network for Development and Peace) une ONG du Sud de l’Inde, et de nombreux acteurs régionaux (collectivités, associations de solidarité internationale, établissements scolaires, entreprises, etc.)

5 août 2005. A l’initiative de l’INDP, un camp de jeune est organisé pour permettre un échange interculturel entre indiens et français. La région Poitou-Charentes décide d’envoyer 8 personnes (lycéens, étudiants, etc.) pour donner l’indispensable dimension humaine à ce partenariat.